Poèmes et poésie

Printemps des Poètes 2018 dans l’Écusson

Affiche réalisée par raphaël Ségura
Affiche réalisée par raphaël Ségura

Jeudi 15 mars 2018, le Comité de quartier st Roch-Ecusson,  l'école Lamartine et la Maison de la Poésie  ont organisé, à Montpellier, une déambulation dans les ruelles de l’Écusson, agrémentée de la lecture et la distribution de poèmes. Elle a été  suivie  d’un rassemblement poétique sur le square Bagouet.

 

À partir de pochoirs réalisés par le peintre Raphaël Ségura, (qui a réalisé l'affiche) de  courts textes proposés par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ont également été dessinés sur le sol. 

 

 

 

Traces de lumière - Émission poétique

 

 

         Emission TRACES de LUMIERE

 

                      Réalisateur Christian Malaplate

 

Lundi de 08H30  à 09h30 et rediffusion Mardi de 17h00 à 18h00

 

Emissions archivées voir Forum Brassens Traces de Lumière (jusqu’à fin 2016)

Forum Brassens émissions Traces de Lumière (depuis janvier 2017)

Voir aussi traces-de-lumiere.ekblog.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

43

Lotus
J’ai passé beaucoup de nuits calmes et sans espoir
Croisant mes pieds pour prier
J’aspire et expire comme tout le monde
Oh le monde ? Il existe à peine
Mais l’autre monde existe
L’autre vent, les autres agneaux sacrifiés
Et les autres visages pas sûrement vivants
En un mot ils appartiennent à l’autre monde
Mes mains ouvertes sont le seul lotus que je possède
Vous dites qu’elles poussent mais dans quelle direction ?
Vous dites qu’elles suivent leur chemin mais pour quelle
Destination ?
Ce que je fais c’est apprendre à oublier
Sur quel chemin l’immense univers cesserait
D’être perçu par des yeux humains


SHU CAI

 

42

lutteur masaï
bronze né de la terre
veille l’histoire ébréchée
lutteur nouba
grande figure
anime l’espérance
dans la libre lumière
s’écrit le poème noir
de l’humanité


Laurent Grison

 

41

Tout revient dans l’oubli
du temps qui recommence
soit la vie
soit la mort
paupière tournoyante


Patricio Sanchez

 

40
Sur la cendre
et le sang
un mage aveugle
trace
du bout de son bâton
les derniers signes
d’un alphabet
des ombres


Jean Joubert

 

39

Pirogue


Sur le fleuve j’avance, lente,
parmi les herbes, dans la vase,
vers je ne sais
quelle embouchure,
mais attachée par mes racines,
car même creuse et rabotée,
de naissance je suis un arbre.


Frédéric Jacques Temple

 

38

Elle est belle
cette larme
au coin de l’oeil du jour
lorsque le gel
à l’aube
la
saisit.
Jean Joubert

 

 37

Une branche chuchote
Alourdie de silence et délivrée de ses parfums.
Lisible est sur le jour la présence de l’aube.


Pierre Torreilles

 

36

Pirogue
Sur le fleuve j’avance, lente,
parmi les herbes, dans la vase,
vers je ne sais
quelle embouchure,
mais attachée par mes racines,
car même creuse et rabotée,
de naissance je suis un arbre.


Frédéric Jacques Temple

 

35

En deçà et au-delà
De nos identités originales
De nos appartenances
Communautaires,
Tailler, ajouter, renouer, rénover,
Aplanir, étendre,
et retresser la natte humaine


Flora Devatine

 

34

Le feu

 

Du silex d’où jaillissait l’étincelle dont se servaient nos ancêtres, nous apprécions sa chaleur.

Il est partout. Dans nos briquets qui allument la cigarette

D’une lueur incandescente

Nos allumettes.

Il fait rage aussi quand il détruit nos forêts,

Dur a circonscrire.

Qui se souvient de Martin Gray

Qui a perdu sa famille brûlée vive?

Feu de l’amour qui nous anéanti.

Objet de désir qui brise notre solitude.

De joie aussi, que l’on saute pour la saint Jean.

De camp, qui réunit les scouts.

Dans un tonneau, qui réchauffe l’indigent.

Celui de la cheminée, le soir a la veillée

Où les flammes s’entrelacent,

Plaisir des yeux, lumières chatoyantes de volutes bleues

Qui s’élancent vers le ciel.

Se loger comme se nourrir est une nécessité humaine

Gardons à l’esprit que la chaleur humaine est un feu qui ne s’éteint jamais

Allumons le feu.

Marcel Josie Pierre

 

33

Pèira,
pròcha de la primauba
dau fuòc primièr
dau fuòc unenc
dau dieu de fuòc...


Pierre,
proche de l’aube première,
du premier feu,
du feu unique
du dieu du feu ...
Max Rouquette

D’ici mille années-lumière

 

32

Oh ! l’homme !
Que fais-tu, l’homme,
l’oreille sur la terre ?
qu’entends-tu là dessous.
Est-ce que la roche parle
et les vieilles racines ?
J’écoute penser
les morts qui nous attendent.
J’écoute avancer
l’histoire à grands pas.
Marie Rouanet
Le soir est rouge, nous aurons beau temps

 

31 EXIL
au milieu de la nuit
il y a l’exil
au milieu de la nuit
il y a une porte
la lumière du jour et
tes paupières
de sable
Patricio Sanchez

 

30

Chute superbe, fin si douce,
Oubli des luttes, quel délice
Que d’étendre à même la mousse
Après la danse, le corps lisse !
Paul Valéry

 

29

Mes poèmes m'ont quitté ce matin de bonne heure

 

De mon reliquaire ils se sont envolé

 

De la porte d'entrée ils ont trouvé les clefs

 

Pour s'enfuir et trouver une enclave meilleure
Jean - Marie Leclerc

 

28

La mer
Au ciel d’été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d’azur
Charles Trenet

 

27 L’huitre
Parfois très rare une formule perle
à leur gosier de nacre,
d’ou l’on trouve aussitôt à s’orner.
Francis Ponge
Le parti pris des choses

 

26

Viens t’allonger sur l’herbe tendre des prés
(patatrac)
Je te ferai des gentillesses
(Tralala)
De doux baiser’s et de caresses
Je suis un tendre troubadour
Et je ne vis que pour l’amour
Oui pour l’amour.
Boby Lapointe
Le Troubadour

 

 

25 

L e t e m p s

s ’ é c r o u l e 

d o u c e m e n t
a u l o n g

d e s a n n é e s .
L e t e m p s d e v i e n t

b a n c a l .
L a i s s o n s - l e s ’ é c r o u l e r ,
d o u c e m e n t

René Escudié

 

 24

Bleu nuit...
le Mistral soumet
les trous de la mémoire
au rythme d’une valse de pierre.
Joseph Pacini

 

23

Des destinées détruites on en frôlait
À chaque croisée de chemin,
Des vies abîmées dans chaque travée,
Des êtres qui étaient oubliés sous le tic-tac de la
pendule.
Marie-Agnès Salehzada
extrait de «fuite inexorable»

 

 

22

L’air se brise
sur les épis du sel
d’un continent de sable mouvant
les soleils de sang rouillé
ce tout jeune matin
meurt de mémoire lourde.
F.-J. Temple

 

 

21 -

LA LIBERTÉ
N’EST PAS
UNE IDÉE
C’EST UN ÉLAN VITAL
François SZABO

 

 

20 -

Ci-gît au fond de mon cœur une histoire ancienne
un fantôme, un souvenir d’une que j’aimais ...
Le temps à grand coup de faux, peut faire des siennes,
Mon bel amour dure encore, et c’est à jamais

Georges Brassens

 

19 -

Ton chant d’amour m’a fait sortir des nuits dérivantes.
J’ai maintenant tracé ma route au cœur fertile de la mer.
J’arpente un ciel infini avec un sextant tout couvert de légendes marines.
J’entends ton chant d’amour comme un baiser sur un bouton de rose.
Christian Malaplate
extrait de Ton chant d’amour m’a fait sortir de mes nuits dérivantes

 

18 - Dans les forêts,
dans les villes en braises rouges
au dessus de la mer,
sur les collines parfumées,
vivait une belle bête chaude et fauve
qu’on appelait le bonheur.
Brigitte Fontaine

 

17 - « Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux,
Si quelqu’air de tristesse obscurcit mon visage.
Quand un savant crayon dessinait cette image
J’attendais l’échafaud et je pensais à vous.»
Jean Antoine Roucher
accusé d’une conspiration il fut guillotiné le 7 thermidor an II avec André Chénier

 

16 - ESCRIU, SUS LA POLSA, ESCRIU
sul vèspre que davala,escriu
sus ta finituda segura, escriu
la sola distinceion vièlha e fondamentala.


ÉCRIS, SUR LA POUSSIÈRE, ÉCRIS
sur le soir qui descend, écris,
sur la certitude de la finitude, écris
la seule distinction vieille et fondamentale.
Yves Rouquette
«Essai d’office à la ténèbre de Grandmont»

 

15 - Le jour franchit le soir,

il gagnera
sur la nuit quotidienne.


Ô notre force et notre gloire, pourrez-vous
trouer la muraille des morts ?
Yves Bonnefoy

 

 

14 -  SUR PABLO PICASSO

Je voudrais écrire comme tu dessines

avec cette rage précise

cette marche aventurière

cette légèreté fidèle-infidèle

 

picador mon poème

empalerait l'angoisse qui me gerce

 

j'aimerais écrire comme tu dessines

avec au ventre la jouissance

pleine et vaste de l'imparable geste
Béatrice Libert

 

 

13 - RIVIÈRES Je repose mes mains dans cette source
et l’eau purifie mes mains et mes ongles.
Je repose mes mains dans cette source
et mes mains sentent passer dans leurs veines
la musique du monde.
Je repose mes mains dans cette source :
ces longues branches
sèches, ces feuilles couleur de cendre.
Je suis l’arbre, la clarté de l’aube.

Patricio Sanchez

 

12 - Mais chaque jour, peut-être, on peut reprendre
le filet déchiré, maille après maille,
et ce serait, dans l’espace plus haut,
comme recoudre, astre à astre, la nuit …
Philippe Jaccottet 

 

 11 - Chaque matin d’un bond
le soleil prend pied dans mon visage.
Je m’empare de cette brûlure
comme d’un gouvernail.
Lorant Gaspar

 

10 - Elle
Découpait
Ses
Robes
Dans
Des tissus
D’absence.
Malcolm de Chazal

 

9 -

J’en appelle à la beauté

qui sera
front d’espoir
Abdellatif Laabi

 

8 -

Le toit tomba
Le lit se brisa
Il alla se coucher dans l’armoire
Quand l’armoire s’écroula
Il dormit debout
Comme les chevaux
Et les arbres.
Jean Marie PETIT

 

 

7 - Aurélia

 

La belle danse seule sur les chemins
pour les étoiles et pour la sauvagine.
Ses mains suspendues au ciel,
elle laisse le vent la visiter.
Son rire se mêle au chant d’oiseaux de nuit hallucinés.
Aurélia LASSAQUE

 

 

6 - Une fleur
en bourgeon
est un rêve en suspens
François SZABO

 

 

5 - Gérard de Nerval

 

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

 

4 -  Frédéric Jacques Temple

 

 L’air se brise
sur les épis du sel
d’un continent de sable montent
les soleils de sang rouillé
ce tout jeune matin
meurt de mémoire lourde.

 

3 - Andrée Chédid

 

Les dés sont formels
et la mort souveraine,
Je m’émerveille
de croire en notre saison.

 

2 - LE CHAT -  Guillaume Apollinaire


Je souhaite dans ma maison
Une femme ayant sa raison
Un chat passant parmi les livres
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.

 

 

1 - LIBELLULE- Jean Joubert

 

Voyez ! Sur ce roseau pensif

une libellule bleue s’est posée,

tendue, ailes vibrantes,

messagère de la beauté,

toute joie,

et dans l’ombre,

toute lumière.